22 septembre 2011

Dites trente-trois

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Vanina avait une douleur atroce dans la poitrine. 
Elle était allongée et ne pouvait bouger.  Elle avait les paupières closes et n'osait  les ouvrir.
Elle étira les bras.  Ils fonctionnaient.
Elle les porta au cœur et sentit un liquide chaud lui inonder les mains.
" Poisseux " pensa-t-elle.
Une peur rouge lui pétrit les entrailles.

Elle se réveilla en sursaut. 
C'était un cauchemar.  Elle regarda ses mains.
Blanches, parfaitement manucurées.

Elle était allongée dans le lit du dortoir des infirmières.
C'est là qu'elle passait une partie de ses nuits depuis qu'elle avait choisi de faire son internat de médecine dans ce service de l'hôpital Saint-Pierre.
Elle était encore dans un demi-sommeil et émergeait doucement.
Un frisson la parcourut, les cauchemars lui laissaient toujours une mauvaise sensation au réveil, mais elle reprenait assez vite vie par la force du travail.
Elle se leva.  Sur la chaise où elle avait déposé ses vêtements avant de se coucher, une nouvelle tenue propre l'attendait.
Elle sourit.
Marc était passé par là, c'était sûr.
Par-dessous le tablier blanc, se cachaient une guêpière, un string et une paire de bas blancs.

Marc aimait fantasmer sur ce qu'elle portait ou ne portait pas par-dessous son tablier de jeune interne.

Elle passa d'abord dans la douche réservée au personnel.

L'eau chaude glissait sur sa peau blanche.
Le gel douche vanillé enrobait son corps d'une mousse crémeuse.  Elle aimait se savonner et s'imaginait volontiers dans les bras de son amant.
Elle passait une éponge des seins vers le ventre, de la chute de reins vers les fesses et ainsi de suite.
Elle prit de l'eau claire dans le creux des paumes et se caressa le sexe.
Epilé de la veille chez l'esthéticienne, il avait encore une douceur parfaite.
Elle se titilla légèrement, s'amusant du contact des doigts sur son clitoris.

Elle entendit un léger cliquetis, chercha à se couvrir en vitesse mais finalement n'aperçut personne.
Avait-elle imaginé ce bruit dans la douche d'à-côté ?
Elle sourit de nouveau, repensant à tous les films où l'héroïne est épiée par un petit trou ou bien se fait trucider dans la douche immaculée.
Rien ne se produisit.

Vanina sortit, s'épongea et s'étira voluptueusement.
Elle prit  la guêpière, la porta d'abord devant elle.
Elle adorait les sous-vêtements mais c'était la première fois qu'elle porterait ce style-ci.
Heureusement les agrafes étaient situées par-devant le vêtement, elle n'aurait pas besoin d'aide pour s'en vêtir.
Elle s'entoura du tissu délicat, mettant un soin tout particulier à attacher une agrafe après l'autre.
Ses seins paraissaient avoir doublé de volume sous l'emprise du vêtement pigeonnant.

Il lui seyait à merveille.  Sa peau satinée était mise en valeur par cette couleur blanche.
Elle enfila la pointe du pied dans le premier bas, déposa ce pied sur une chaise et remonta délicatement la soie.  Il ceignait parfaitement sa mi-cuisse, sans trop serrer.
Les petites élastiques s'attachaient  à la bonne hauteur.
Parfait pensa-t-elle en enfilant le deuxième bas.
Elle termina par passer le minuscule string qui cachait juste son feu sacré.

Le tablier avait été pris une taille en dessous de sa taille habituelle.  Elle s'en rendit compte mais trop tard, son beeper résonnait déjà et elle devait se rendre directement aux urgences.

Vanina n'était pas parvenue à fermer le premier bouton du dessus, le tablier était beaucoup trop serré à la poitrine.  Son décolleté était des plus engageants.
La longueur du tablier laissait parfois deviner les bas.
Vanina tentait en vain de tirer un maximum sur l'habit mais sans résultat.
Elle se sentait surveillée et mal à l'aise.
Quelle idée d'instituer ce jeu entre eux sur leur lieu de travail !

Elle poussa la porte à double battant.  Personne ne fit attention à elle.
Elle se rendit à l'accueil, salua ses collègues et demanda qui l'avait appelée.

" Salle 13 " lui répondit-on.

D'un pas pressé, elle gagna et poussa la porte de la salle.
Un bruit de serrure se referma derrière elle.
Elle se retourna et vit Marc, un large sourire aux lèvres.

" Te voilà enfin ma belle ".

Il l'admira, lui demanda de marcher devant lui.
Il lança un petit objet par terre au fond de la pièce.
" tu peux aller le ramasser ? "
Vanina sourit largement et se prit au jeu.

Elle se dandina devant lui, baissa le buste au maximum, de manière à dévoiler à Marc une large partie de son intimité.  Le string blanc partageait sa féminité en deux parties égales, ne laissant dépasser que très peu d'anatomie.
Toute cette petite mise en scène avait un effet aphrodisiaque sur les deux amants.
Le mythe du médecin et du tablier blanc faisait surface avec une force tentatrice.

Vanina profitait de la situation, prenait des pauses suggestives, laissait courir une main entre ses cuisses, déboutonnait son corsage, laissait échapper sa poitrine au-delà de la guêpière.
Ses mamelons s'érigeaient et semblaient réclamer leur dû.

Par moment, elle semblait s'offusquer de la situation et se reboutonnait.
Marc n'en pouvait plus, il s'approcha d'elle, prêt à saisir le meilleur.
Vanina succombait elle aussi à la tentation.
Elle commença à déboutonner Marc.

Un bruit sec et une voix les firent tous deux sursauter.
" Mais que se passe-t-il ici ? "

C'était le chef de district.  Marc leva les yeux au ciel. Il pensait qu'il était parti en séminaire celui-là, il s'était même mis d'accord avec une partie du personnel pour ne pas être dérangé.
Et là, il commençait à se sentir mal à l'aise.
Marc répondit.

" J'arrive Bernard, attends moi à la salle de repos, je t'expliquerai... ".

Ils se rajustèrent en vitesse, le rouge aux joues.
Marc embrassa Vanina à pleine bouche, tentant de la rassurer ainsi que lui-même à l'occasion.

" Attends-toi à remettre le couvert " lui dit-il.

" Que vais-je pouvoir raconter à Bernard ? ? "

Il sortit en trombe de la salle.

Vanina sortit quelques minutes après lui, se dandina un peu dans le couloir et pénétra dans la salle de repos.
Les deux hommes étaient en grande discussion.

Elle les dépassa et alla ramasser devant leurs yeux ébahis un objet imaginaire.

Elle sortit de la pièce, s'engouffra dans l'escalier et grimpa les marches deux par deux.

Un rire franc la secoua, elle imagina la tête de Bernard et surtout celle de Marc, qui avait voulu jouer et qui s'était pris au jeu à s'en brûler....

 © Dentelle

12:04 Écrit par Dentelle dans Textes érotiques pour adultes

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