26 septembre 2011

Derrière la porte

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Je me suis souvent demandée ce qu’Elle lui trouvait.
Il me paraissait d’une banalité affligeante, et pourtant, oui, pourtant, Elle l’aimait, profondément.
Ce soir là nous avions eu une dure journée au bureau, nous avions bouclé le plus gros dossier de l’année.
Pour couronner tout cela, le boss nous invitait au resto, une bonne quinzaine de personnes en tout.
Bien sûr Elle et Il étaient de la partie.
Je ne pouvais m’empêcher de regarder dans sa direction.
Souvent.
Pas un regard ne s’échappait vers moi.

Une coupe pétillante en enchaîna une autre.
La tête me tournait dangereusement.
Trop.
Mais j’étais bien, j’oubliais ainsi momentanément mon envie de ce corps.
Était-ce ça l’amour ?
Ressentais-je le désir ?
En tous cas, cela y ressemblait comme deux gouttes de champagne.
Je trempais les lèvres dans les bulles quand je croisai ses yeux sombres.
Une petite lueur les éclairait ou était-ce le reflet de ma propre lueur ?
J’en profitai pour passer la langue sur mes lèvres, sensuellement.
Je fis tourner mon doigt tout autour du verre, jouant de sa forme, titillant une bulle par ici ,en faisant éclater une autre par là.
Le jeu me sembla durer une éternité, alors qu’à peine un dixième de seconde plus tard, son regard s’était échappé. 

C’était un endroit assez classique où l’on pouvait se détendre sur la piste de danse après le repas.
Une série de slows dévalisa les gens aux tables. Tandis que la piste se noircissait de monde et de lumière très tamisée, les couples s’enlaçaient encore plus.
Elle et Il s’y donnaient pleinement, leurs corps semblaient avoir été dessinés en une seule pièce de puzzle.
Sa jupe moulante remontait légèrement quand elle levait les bras pour les suspendre au cou de son cavalier.
De temps à autre cette position laissait deviner une paire de bas maintenus par un porte-jarretelles écru. 
Je ne pouvais résister au souhait qu’elle soulève encore plus les bras.
Les formes pleines de ses fesses marquaient le tissu, impossible cependant d’y déceler les traces d’un slip.  Elle devait porter un string, ou rien.

Mon imagination vagabondait aussi vite que les nuages moutonneux dans un ciel venteux.
J’avais chaud.
Un bien-être m’envahissait petit à petit, réveillant encore plus mes pulsions.

 La soirée battait son plein.
Une autre série de slows me poussa vers les toilettes.
Il y régnait une douce chaleur, beaucoup moins étouffante que celle de la salle surchauffée par la marée humaine.
Je m’enfermai dans l’un des quatre cagibis.
Je détachai et baissai mon pantalon, ainsi que mon slip.
Mes doigts commencèrent par me fouiller légèrement.
Une petite rosée était née de l’imagination de son sexe dénudé et des bas fixés sur les cuisses fuselées.
J’avais une terrible envie de remonter cette jupe, de la toucher, de la goûter.
Je continuai par me caresser, d’abord doucement, ensuite méthodiquement.
Je connaissais mon corps par cœur.
Je savais où et exactement comment arriver à me donner du plaisir.
Je sentais mon cœur s’emballer.
De plus en plus vite. 

Une porte s’ouvrit et se referma à côté de moi.
Et si c’était Elle ? 
Je fantasmai sur la manière dont Elle allait soulever le tissu, le remonter haut au-dessus de son pubis.
Comment était-elle épilée ?  Totalement ?  Partiellement ?

Je commençais à gémir, sans même m’en rendre compte.

L’eau coula dans la toilette d’à côté.
La porte s’ouvrit.
On frappa à la mienne. " Ça va ? "
" Euh… oui, oui tout va bien pourquoi ? "

 Sa voix était chaude et transformée par le panneau qui nous séparait. 
" Tu faisais un bruit étrange alors je me suis inquiétée tout simplement.
Je peux entrer ? "

 La question avait fusé, d’une manière totalement naturelle. 
" Oui, mais…..j’étais occupée …à…. "
" Ouvre !!! ".

 Je soulevai le loquet.
  Elle poussa la porte, entra et la referma d’un coup sec. 
" Tu étais occupée à quoi exactement ? "

Un sourire lui éclairait le visage et la rendait encore plus lumineuse et désirable.
Je ne répondis rien, j’haussai juste les épaules, baissant le regard comme une véritable coupable.
Elle glissa une main sur ma cuisse, remonta fermement.
Ses doigts d’échappèrent dans mon entrejambe. 
Elle goutta mon parfum intime.

" Je m’en doutais ".

Ce furent ses dernières paroles.
Elle m’embrassa goulûment.  Ses lèvres étaient chaudes et sucrées. Sa langue légèrement râpeuse abrasa la mienne.
En maîtresse de la situation elle frottait sa main sans ménagement contre mon sexe.
Elle m’échauffait, totalement libre de tout complexe. 
Elle avait des manières assez abruptes et je m’étonnais du plaisir que j’avais à m’y soumettre.
Je n’osais rien dire de peur de la décevoir.
J’avais envie de la toucher.
Je tentai une approche sur les fesses.
Elle ne bougeait pas, continuait son ouvrage.
Je glissai une main tremblante de désir sous la jupe.
Son sexe était nu.
J’avais donc bien deviné.
Totalement épilé.
Je voulais la caresser comme elle était en train de me le faire, aussi sensuellement.
Je glissai un doigt entre ses lèvres tout à fait féminines.
Un petit anneau accosta mon index. J’en fis délicatement le tour, m’émerveillant de cette découverte et de ce secret si bien gardé. 
Elle avait un doigté irréprochable. 
Je n’avais jamais ressenti cet enthousiasme et ce total désir d’abandon.  Même mon dernier amant, parfait étalon, ne manipulait mon sexe de cette manière.
J’allais bientôt m’abandonner, mais je voulais aussi lui donner du plaisir.
Je pinçai légèrement ses grandes lèvres, titillant délicatement le petit anneau…
Elle se rebella.
" Tu voulais avoir du plaisir ma belle ?  Je vais t’en donner moi ".
Elle m’installa sur le couvercle du siège et s’agenouilla devant moi.
Fermement elle me souleva légèrement les jambes et les plaça sur ses épaules.
J’étais totalement ouverte et offerte à sa bouche. Je n’avais plus accès à son corps, je devais me contenter de me soutenir à l’aide de mes mains.
Elle titillait, gobait, léchait mon bourgeon enflé et rougi par ses prodigieux soins.
Un torrent bouillonnant coulait dans mes veines.
Je sentais battre mon cœur dans chaque millimètre carré de ma peau.
Son odeur imprégnait totalement mes narines.
 J’étais sur la corde raide cette fois, je ne pouvais plus reculer.
Il me suffisait de me laisser tomber dans l’abîme que le plaisir ouvrait devant moi.
J’y plongeai.
Mon corps s’agita de soubresauts. 
Les spasmes refermaient mon intimité. 
Elle se leva, brutalement. Se rajusta en vitesse et sortit.

Je repris mes esprits tout aussi brutalement.
Mon plaisir avait été si intense que je l’avais à peine vue sortir. 
J’essuyai mon intimité humide, remontai slip et pantalon.
Un petit tour devant le miroir pour contempler l’étendue des dégâts.
J’avais le teint rouge et mes yeux avaient un intense éclat.
La couleur du plaisir. Je sortis de la pièce, et tombai nez à nez avec tous les deux.Il lui demanda :
" Mais où étais-tu enfin passée ? "
Elle sourit  mais ne répondit pas.
Elle le tira par la cravate vers les toilettes des hommes…. 

Je regagnai la salle.
J’étais désarçonnée.  Comment étais-je sensée réagir ? Je n’avais rien à dire mais tout à penser. 
Au bout d’une éternité, soit une quinzaine de minutes, le couple réapparut.
Il avait un sourire béat sur le visage.
Elle avait aussi le teint rougi par le plaisir cette fois.
J’en étais sûre, il avait assumé ce dont elle m’avait empêchée. 
J’étais jalouse mais je devais reconnaître ma faiblesse de ce côté-là.
J’étais une femme, simplement.
 Nous avons tous décidé de rentrer.
Un collègue proposa de me raccompagner.
J’acceptai, après tout je n’avais pas envie de terminer la nuit seule et comme Elle ne m’appartiendrait jamais, je prenais la voie de secours. 
En sortant, Elle se glissa à mes côtés et me murmura à l’oreille :
" La prochaine fois, amène quelque chose d’utile ".
Elle sourit.
Je répondis également à son sourire en espérant que la prochaine fois arriverait bientôt !!! 

© Dentelle

 

14:22 Écrit par Dentelle dans Textes érotiques pour adultes

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