28 septembre 2011

Stop ou encore?

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Quel en serait le prix à payer ?
Cette question torturait l’esprit de Virginie. 
Elle savait que rien n’était gratuit ni simple à l’heure actuelle.
Mais son imagination et son goût du risque faisaient d’elle une esclave.
Elle voulait savoir.
Voulait connaître.
Désirait jouer avec cet inconnu, à cet interdit. 

Elle se remémorait le message instantané qu’elle avait reçu le matin même.  

Salut Virgi, nous travaillons dans la même boîte depuis un certain temps, j’ai envie de participer à un petit jeu avec toi, es-tu partante ?  

Que répondre ? 
C’était oui ou non et pas " on va voir " ou " cela dépend ". 

À l’ordinateur 536 elle répondit d’accord mais si les règles du jeu étaient complètes et correctes.

Quelques instants plus tard un nouveau message s’afficha à l’écran. 

Très bien.  Je te fais parvenir les conditions par courrier interne avant ce soir. 

Pas de signature, rien.
Rien qu’un numéro de PC,  536.

 La journée s’effilocha lentement, faisant place à l’excitation ainsi qu’à  une grande part de curiosité.
Elle sortit de son bureau pour se rendre aux toilettes avant de quitter le bâtiment.
Quand elle revint, une enveloppe kraft trônait sur le mica gris du bureau.
Son prénom était inscrit sur une étiquette : Virgi. 
Seuls ses proches l’appelaient de cette façon.  Cet inconnu n’était donc pas si inconnu que ça.
Pas une once d’écriture. 
Elle déchira l’enveloppe, déplia le papier  et lut les quelques phrases.

 " Je te lance un défi.  Je sais que tu es joueuse et pour ma part j’ai très envie de te connaître un peu plus.
Accepteras-tu de jouer le jeu tout en sachant que le respect et la sensualité seront les moteurs de cet échange ?
Si oui, tu peux ouvrir la deuxième enveloppe qui se trouve dans le tiroir de ton bureau, si non, je te demande de la laisser en place et tu n’entendras plus jamais parler de ceci. " 

L’esprit de Virginie tournait à du deux cents à l’heure.
Oui, non.
Non, oui.
Elle regarda la deuxième enveloppe, la soupesa, la porta à son nez.
Rien ne transparaissait.
C’était une vraie torture.  Si elle lisait, elle était obligée de continuer,  et si elle ne lisait pas, elle resterait à jamais sur sa faim. 
Avec un tremblement, elle l’ouvrit et découvrit une courte missive. 

" Demain, je te propose de mettre cette jolie petite robe rouge qui te sied à ravir, de porter des bas auto-fixant et de ne pas porter de slip.D’autres instructions te seront données dans la  journée. ". 

Les dés étaient lancés. 
Virginie sourit.  Elle avait envie de jouer le jeu à fond et puis que risquait-elle ?  Si cela ne lui convenait pas, elle pourrait toujours se rétracter, elle n’avait rien signé après tout.

 Le lendemain matin, lorsque Virginie se leva, elle était déjà émoustillée à la pensée de s’habiller comme l’inconnu  lui avait demandé. 
Sa robe rouge, ses bas, une paire d’escarpins et… elle ne mit pas de slip. 
Elle le glissa toutefois dans son sac à main.
Dès qu’elle eut quitté l’appartement, une étrange sensation la tenailla. 
Elle avait l’impression de se sentir épiée, observée, et surtout sentait les regards masculins sur elle comme s’ils pouvaient la deviner.
Sensation étrange à chaque pas.
Cependant un bien-être nouveau l’envahissait au fur et à mesure que les minutes passaient.
Le plus difficile était maintenant de prendre le métro. 
Virginie rosissait,
De plaisir,
D’inquiétude,
De désir. 

Elle ne pouvait s’empêcher de regarder tout autour d’elle, imaginant son Inconnu à l’angle de la rue ou assis quelques sièges plus loin. 

Enfin elle fut au bureau, s’y engouffra en vitesse et s’installa sur son siège.
Elle fouilla en vitesse ses tiroirs. 
Rien.
Il lui faudrait donc attendre.
Encore.

 Virginie n’arrivait pas à se concentrer sur ses dossiers. 
Impossible.
Elle se tortillait sans arrêt sur son siège, incommodée et à la fois excitée par sa propre nudité.
Elle décida d’aller aux toilettes, laissant ainsi le loisir à l’Inconnu 536 de glisser une enveloppe….
Dès son retour, sa collègue Brigitte entra tel un ouragan dans le bureau.

" Réunion dans cinq minutes avec toute l’équipe ! ". 

Virginie blêmit mais n’ajouta rien à cette dernière phrase.
Elle plongea la main dans son sac pour filer remettre son slip avant la réunion.
Le slip avait disparu.
Virginie s’empourpra. 
Non c’était impossible, elle n’avait quitté le bureau qu’à peine deux minutes pour se rendre aux toilettes.  C’était probablement ce moment-là qu’Il avait choisi pour commettre son larcin. 
Il avait dû se douter qu’elle prendrait cette sécurité et d’un coup de baguette magique il la lui avait ôtée. 

" Tu viens ? " fanfaronna Brigitte.

" Euh oui, j’arrive ".

Virginie était très mal à l’aise.  Elle aimait jouer mais tout de même pas devant un public aussi nombreux. 
La salle de réunion était emplie. 
Il lui semblait que tout le monde se regardait ou plutôt la fixait, elle.
Non, ce n’était qu’une impression, personne ou juste une seule personne savait.Lui.
Elle s’installa, croisa les jambes, faisant remonter sans le vouloir sa robe assez haut sur la cuisse.
Elle Le chercha du regard mais ne le découvrit pas.
Elle manquait de concentration, ne parvenant pas à fixer son attention sur le débat.
De temps à autre on l’interrogeait et elle s’empressait de répondre, n’importe quoi.
La fin de la réunion arriva enfin, la libérant de ce délicieux calvaire. 

Elle regagna son propre bureau et y découvrit une nouvelle enveloppe.

 " J’ai pu t’admirer et voir que tu as suivi les instructions à la lettre.  Bravo pour ce joli pubis épilé et pour la délicieuse sensation que tu m’as également procurée.  Merci. "
 Ps : je garde ton slip en souvenir de ces doux moments. 

Virginie n’en revenait pas, toute cette aventure ne pouvait se terminer ici, de cette façon là.
Elle devait savoir, avait envie de poursuivre ou pas, mais il devait se passer quelque chose.
Elle allait chercher à qui appartenait ce pc 536.
Elle téléphona à Eric, l’informaticien.
Elle lui posa sa requête.
En fait, le pc était dans un bureau inoccupé. 
Aucune chance de trouver qui était l’auteur de cette aventure. 
Elle s’était joliment faite avoir.  Elle avait envie de plus, de beaucoup plus.
L’Inconnu avait éveillé tellement de choses en elle, tellement de délicieuses sensations qu’elle ne pourrait rester dans une pareille incertitude. 

Avant de quitter le bureau, elle re-fouilla ses tiroirs, son sac, sa veste.
Rien.
Elle était déçue.
Elle se leva, éteignit la lumière blafarde et appela l’ascenseur.
Les portes s’ouvrirent, elle y pénétra.
Un ou deux étages plus bas, une jeune dame l’accompagna.
Un large sourire éclairait son visage. 

 " Jolie robe ! Vous n’avez pas trop froid ? " 

Virginie s’interrogea, était-ce possible ?  Non.
Enfin, oui, peut-être.
Pourquoi cette femme lui demandait-elle cela ?
Froid ?
Pourquoi ?
Virginie était tellement mal à l’aise qu’elle tentait désespérément de resserrer les jambes, comme si l’inconnue pouvait savoir qu’elle n’avait toujours pas de slip.

Elle sortit précipitamment, se faufila en vitesse jusqu’au métro et finit par rentrer chez elle.

Elle s’élança dans la pièce, ôta ses chaussures et s’étendit sur le canapé.
Elle finit par glisser la main dans son entrejambe.
Une légère humidité y régnait. 
Cette étrange journée l’avait totalement déboussolée.
Elle avait été intimidée,
émoustillée,
rêveuse.

Que de sensations en si peu de temps.
Elle fila à la salle de bain, se déshabilla et se glissa dans un bain chaud.
C’était délicieux à souhaits.
Elle se caressa le pubis.
Longtemps.
Rêvassant.
Profitant de ces instants personnels. 
Elle pensa à aller relever le courrier seulement en début de soirée.

Une enveloppe kraft attira immédiatement son attention.
Elle l’ouvrit précipitamment. 

" Stop ou encore ? " 

Virginie éclata de rire. 

©Dentelle

 

 

 

13:58 Écrit par Dentelle dans Textes érotiques pour adultes

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