28 septembre 2011

Vert eau

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J’osais, presque pour la première fois, le regarder dans les yeux.
Aigue-marine me trottait dans la tête.
Son regard était  rieur, serein mais avait cependant une petite touche de mélancolie.
J’aurais aimé m’y perdre et me laisser aller à lui parler comme on fait des confidences intimes à une amie de longue date.
Nous étions à la fois si proches et si lointains.
La timidité nous enveloppait mais ne parvenait pas à dissiper l’intimité dans laquelle nous nous étions volontairement plongés depuis quelques jours maintenant.

Au cours du repas, les mots fusaient de sa bouche.
Je le regardais distraitement, puis plus intensément.  Il n’a même pas dû s’en rendre compte.
Je l’écoutais très attentivement, classant au fond de ma mémoire chacune de ses paroles, y prenant goût et les savourant comme on le fait avec un bon vin.
Nous nous partagions les mots, les phrases, les réponses très simplement.
C’était bien plus agréable que de longues conversations animées qui ne dévoilent presque rien au bout du compte.

L’heure a tourné, continuant inexorablement son chemin vers l’avenir.
Un signe pour le départ.
Retour à la première case.
Un petit parcours léger, quelques pas aériens sous le soleil, un dernier sourire, et nous nous enfermons dans la cage d’ascenseur.
Les portes sont fermées, intimité – timidité presque palpables.
Premier étage, deuxième, troisième…
Les portes s’ouvrent, un petit salut et chacun de nous disparaît, comme avalé dans une bouche géante.

La joie, le bonheur ne tiennent qu’à de petites choses si simples parfois.

Un pudique respect me lie à vous désormais.
Est-ce un début  ou une faim ? 

Merci pour ces délicieux moments. 

© Dentelle

11:01 Écrit par Dentelle dans Humeur

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