11 octobre 2011

à marée haute - fin

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Le vent et la pluie battaient puissamment contre les fenêtres.
Si l’on tendait l’oreille dans ce brouhaha, on pouvait distinguer les vagues se fracassant contre les falaises.
La fureur avait pris possession de tous ces éléments.

Robin revenait définitivement à lui.
Les draps vaguèrent légèrement à ses côtés. Il ouvrit grand les yeux dans la pénombre ambiante de la pièce. Il regarda d’abord, puis tâta le corps étendu de l’autre côté du lit.

" Marion ! " murmura-t-il.

Leurs poignets n’étaient plus entravés et Marion semblait dormir paisiblement.

Il tituba jusqu’à la fenêtre munie de barreaux. Il faisait nuit noire mais il pouvait distinguer au loin la furie de l’océan.
Marée haute  pensa-t-il.
Il se dirigea vers la porte.

Fermée à clé.

Il revint près de Marion et tenta de la réveiller également.
Elle remua, marmonna quelque chose et se recroquevilla de nouveau au bout du lit.
Elle devait avoir été droguée également pour réagir de cette façon, pensa Robin.

Il alluma une des lampes de chevet. La pièce s’éclaira d’une lumière ambrée.
Il examina attentivement la pièce.
Un petit papier plié en deux déposé sur un petit guéridon attira son attention.

Il lut.

Rapidement. 

" Monsieur Robin,

Ne cherchez pas à comprendre pourquoi vous êtes ici. Vous n’êtes prisonnier que de vos habitudes.

Et ceci est une manière de les détourner à votre avantage ".

Robin cilla.

Que voulait dire ce message ?

Cette fois Marion émergeait également.
Robin fonça la rassurer et la prendre dans ses bras.
En quelques mots, il lui étala la situation et voulu connaître les moindres détails de son arrivée ici.

Marion expliqua, le message reçu de lui-même, et comment à peine arrivée elle s’était sentie bizarre.

Robin ne dit rien de plus.
Il n’ajouta pas, pour ne pas l’effrayer, qu’il n’était pas l’instigateur de ce message, et surtout qu’il avait reçu le même de sa part à elle.

Il fallait se décider. Crier ? Hurler ? Tenter de défoncer la porte ?

Robin et Marion échangèrent un long regard.
Angoisse ? Simple crainte ?
Après tout ils étaient ensemble et leur aventure paraissait tellement irréelle qu’ils avaient du mal à croire qu’on les avait vraiment attachés et drogués.
Ils parlèrent un peu, chacun replaçant ses souvenirs dans le contexte du temps.
Marion était arrivée avant Robin ou l’inverse ?
Ils avaient chacun bu du thé qui semblait avoir tout annihilé en eux.
Robin ne se rappelait pas s’il était dans " sa " chambre de départ ou s’il était venu dans celle-ci ensuite pour rejoindre Marion.
Marion ne se souvenait plus exactement du déroulement de la situation non plus.
On frappa doucement à la porte.
Robin bondit pour l’ouvrir, prêt à s’enfuir à toutes jambes.
La porte céda au premier tour de poignée.

Un petit plateau trônait sur le pas de la porte.

Impression de déjà-vu

Robin passa la tête dans le couloir.

Désert.

Il prit le plateau et le déposa sur le lit après avoir bloqué la porte avec un fauteuil.
Sécurité oblige.

Une bouteille.

Deux verres.

Un petit mot.

" Pour un abandon total l’un à l’autre ! ".

Marion ne trouvait rien à dire à Robin.
Robin restait plongé dans les yeux de Marion.
Allaient-ils oser boire ?
Robin et Marion avaient peur de cet inconnu où ils ne maîtrisaient rien.
Les pensées déferlèrent.

Dans chacun d’eux.

Robin pensa : Et si Marion était l’instigatrice de tout ceci ?
Marion pensa la même chose.

Et ils burent….

Pour un abandon total l’un à l’autre.

 

***

Je me suis longtemps demandé si j’allais ajouter une suite à ce texte où laisser chacun donner libre cours à son imagination.

Cette aventure vous tente-t-elle ? Avez-vous envie d’une suite ?

Des envies à me soumettre ?

Dentelle

 

13:18 Écrit par Dentelle dans Ecriture

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